L’entretien d’embauche de l’été.

Cher Journal,

Ce matin, j’ai mis ma plus belle chemise assortie de mon plus beau pantalon. Car oui, ce matin, je prends ma voiture et une pochette-qui-fait-plus-sérieux (c) pour rejoindre la ville la plus proche et me rendre à un entretien d’embauche !

Alors que le bitume défile, je songe aux questions que l’on peut me poser et comment y répondre. Plus sincèrement, je cherche la force intérieure pour parler argent parce que ça m’intéresse vaguement. Aujourd’hui, j’inaugure une nouvelle technique : j’ai consacré un peu de mon temps à rechercher des offres similaires sur le site de Pôle Emploi et j’ai réussi à dégoter la convention collective. J’estime donc que ma marge de manœuvre est de 150 euros.

Mais voila que l’établissement en question pointe le bout de son faîte et j’y ai tôt fait de m’y garer. Une grande et profonde inspiration suivi d’une expiration brève ! Celle-là même que font les athlètes avant de s’élancer sur la piste sauf que je suis dans un Kangoo. J’ouvre la portière et sors du véhicule. Le soleil semble renforcer les doux parfums de l’été : le pin, le fenouil et le sans-plomb (il y a une gare de péage pas loin).

Mais trêve de digressions Cher Journal, car j’entre dans le bâtiment et vais rejoindre mon directeur d’interlocuteur qui s’avère être une directrice. L’enjeu est de taille. Il s’agit d’une offre forte alléchante de CDI dont le rendez-vous est prévu depuis maintenant trois semaines. La première partie de la discussion est classique pour ne pas  dire bateau (comprendre *chiante*) puisqu’elle consiste à me présenter et à expliquer pourquoi c’est moi qu’il faut pour ce poste. Je commence à avoir l’habitude de cet exercice et oriente ma présentation dans le sens de ce travail. Oh ! Mais je ne t’ai même pas dit de quoi il s’agissait. Un travail de professeur  moniteur en Maison Familiale Rurale (aka MFR, les écoles de la deuxième chance pour lesquelles j’avais déjà œuvré quelques années auparavant).

meme-job-interview

La directrice profite des quelques secondes de silence flottantes après mon exposé pour abandonner la pose de-celui-écoute-très-sérieusement-avec-un-doigt-sous-le-menton (le Claire Chazal no jutsu pour les initiés). Celle-ci prend la parole pour détailler le poste à pourvoir et, révélation, lance à la volée qu’il s’agit en fait d’un temps partiel à 70% ! Cette nouvelle est déroutante mais j’en ai vu d’autre. De plus, retourner le bureau en insultant vertement le quidam n’étant pas dans mon habitude, j’opte pour la voie diplomatique. En effet, je compte bien l’ébahir par l’étendue de ma flexibilité ; et ne sortez surtout pas cette phrase de son contexte ! Il serait intéressant de pouvoir regrouper les heures afin d’effectuer une activité connexe rémunératrice. Ce qui serait une sorte de double-vie comme les super héros mais appliquée à la vie professionnelle : le jour, moniteur pour enfants déséqui turbulents, la nuit, gardien de parking face à … Hé ! Mais va te coucher ! On a cours demain !!!

Malheureusement, ce plan ne fut plus applicable après une explication directoriale qui puise sa verve dans un jargon managérial des plus maîtrisés. En somme, mon jour « off » ne sera connu qu’une semaine à l’avance, la flexibilité et la réactivité étant les deux bannières brandies par les forces vives des MFR. La routine n’a pas sa place en ce lieu !

Ce n’est pas tout Cher Journal. Établissement pionnier en termes de modernité qui manque cruellement à notre pays, le temps de travail est annualisé (RIP les heures supp’). Cet outil d’élasticité organisationnelle moderne me permet d’obtenir plus de jours de congés (trololo) qui me permettront éventuellement d’avoir un autre travail (#illégalité). Est-ce que je me fourvoie en trouvant que travailler sur du temps récupéré c’est un peu comme travailler deux fois pour le même salaire ?

Et enfin, cerise sur le gâteau, l’établissement étant une structure associative, il m’a été précisé qu’il serait bien vu que je m’investisse en plus pour permettre son bon fonctionnement. Oh ?! Serait-ce du travail gratuit déguisé ? Suis-je trop exigeant en souhaitant être payé chaque heure ? Il s’agit quand même d’une offre de recrutement à Bac+5 pour un 1350 euros net…

Enfin, pour ceux qui sont à 100%, LOL.

Après avoir énoncé les sociabilités  d’usages en fin d’entretien, j’ai précisé que je les rappellerai pour leur signifier ma présence quant à la deuxième session d’entretien (sans déconner).

Lalalilala !

Gros Bisous.

 

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