Ready Player One

Cher journal,

Je ne veux pas que tu sois estampillé cinéma, mais il y a des choses qui vont bien au-delà ce genre de considérations. Alors, je m’y Colle à nouveau. Attention, ce billet contient des extraits naturels de haine ainsi que du furium 137. Peut également contenir des traces de mauvaises fois. En ce qui concerne les spoilers, je considère qu’il n’y en a pas vu que pour qu’il y ait spoiler, il doit y avoir intrigue. Mais oui, tu sais, le truc qui fait que ton histoire tien la routE. Mieux, le truc qui fait que ton film en est un puisqu’il raconte quelque chose… Bref.

Encore une fois, je me retrouve en porte-à-faux par rapport à la majorité semble-t-il. Allociné affiche des scores hallucinants en termes d’évaluations ! 4.2/5 pour la presse ! 4.5 pour les spectateurs ! La lecture de certaines réactions à chaud me laissent francheMent dubitatif, un peu comme si je n’avais pas vu le même film. C’est sans doute le cas.

Titre : Ready PlAyer One

De : Steeven Spielberg (une entité divine ?)

Année  : 2018

Avec :

Tie Sheridan dans le rôle de Héro Lambda,

Olivia Cooke dAns le rôle d’Artemis. Ce qui N’est pas cohérent dans un univers de MMORPG d’une telle ampleur, son pseudo devrait plutôt être Art3mys_Huchiwa_13 mais je m’égare déjà,

Lena Waithe dans le rôle de la noire,

Philip Zhao dans le rôle du chinois,

Win Morisaki dans le rôle du japonais…

Suis-je taquin en disant qu’il y a déjà un problème ou pas ?

Ce Que j’ai vu.

Nous sommes en 2045. L’art contemporain a envahi l’architecture puisque les gens vivent dans des camping-cars empilés les uns sur les autres. C’est donc un époque très triste. Pour éviter ce désastre visuel, les gens jouent aux jeux vidéo. Non, attends, c’est pas tout à fait ça. En fait,  une voix off intarissable nous explique que la guerre et la crise économique ont eu raison de l’humanité qui se réfugient dans le virtuel pour fuir la réalité.  Note : ce sont des quartiers pauvres où tout le monde possède un casque de réalité virtuel et parfois la combi et le tapis roulant multidirectionnel (qui gère l’apesanteur ?) qui vont avec. Tapis joliment présenté mais dont le scenario oublie l’existence la plupart du temps. Alors, si comme moi tu es un peu sensible à la cohérence narrative, tu n’entreras jamais dans ce film. Mais continuons. Tout le monde joue à un MMORPG planétaire inventé par le type le plus relou de l’univers. Ce type est juste l’icône de ce monde et pour nous présenter sa puissance, on nous afflige d’Une de ces fulgurances  :

« Certaines personnes liront de la philosophie et n’y comprendront rien, d’autres liront la liste d’ingrédients au dos d’un paquet de chewing-gum et y comprendront le sens de la vie ».

Image tiré du jeu L.A. NOIRE qui permet de choisir le doute comme réaction lors d'un dialogue

A sa mort, l’inventeur dévoile avoir caché trois clefs menant à trois indices permettant de découvrir un easter egg. Celui-ci offrira à son possEsseur les droits d’admin sur le jeu ainsi que tout plein d’argent.

Houlala ! Ca vole haut dis-donc ! Face au héro, une diabolique firme vidéoludique embauche et force des gens à jouer pour s’emparer Du fameux trophée. Son cupide dirigeant, Jean-Louis Troméchant, est prêt à toutes les bassesses pour arriver à sEs fins, que ce soit en jeu comme dans la vraie vie.

Sauf que c’est Lambda qui trouve la première clef !

Image de Passe Partout de Fort Boyard montrant des clefs dans sa pause fétiche

Je passe les détails sur la finesse de ce secret. Sache cependant que n’importe quel joueur l’aurait élucidé très rapidement, même fortuitement. Là, ils ont mis 5 ans ! C’est peut-être un détail pour toi mais sens-tu cette odeur de sujet non maitrisé ? C’est là que les choses se gâtent pour nos héros. Dans la vrai vie, les méchants déploient tous leurs drones et toutes leurs forces pour les retrouver. Et par force s’entend lance-grenades, fusils d’assauts, charges de C4 et équipes de combattants sur-entraînés. Attendez, c’est pas censé être l’ancienne boite de Fifou l’inventeur ? A quel moment ils sont passés de :

 »Comment optimiser le chargement des textures pour rendre le jeu plus fluide ? »

à

« Acheter du C4 ! Et des Famas aussi ! Et des mercenaires russes qui vont avec ! Et je veux des drones noirs et rouges par ce que je suis le sournois président d’Ubisoft ! MOUHAHAHA ! ».

Et donc Lambda perd tata et tonton Osef dans un attentat dont l’explosion ravage une partie des camping-cars. Ces méchants sont vraiment trop vignobles ! Cette petite contrariété passagère ne Chamboulera pas trop notre jeune premier vu qu’il n’en fera jamais état par la suite. En même temps, notre freluquet est tombé amoureux. Et les hormOnes, tu sais ce que c’est Cher Journal. Si toutes les victimes de bombardements ou d’attentats pouvaient tomber amoureuses, elles oublieraient vite leurs petits tracas comme le fait que leur famille et tous leurs voisins soient réduis en charpie par exemple. Mais grâce à la technique du scénario très pressé, pas le temps de se poser des questions car Lambda se fait capturer ! Il se réveille dans le quartier général de Art3mys_Huchiwa_13 qui lui souhaite la bienveNue dans… La FUCKING Rébellion !

Temps mort ! C’est juste une blague pour placer une énième référence au forceps hydraulique ou c’est vraiment un groupe de rebelles ? Parce que danS le deuxième cas,  est-ce que ça veut dire qu’Ubisoft domine le monde ? Ce qui justifierai les groupes armées et les stagiaires l’esclavage. Ça doit être ça, je vais prendre cette hypothèse.

Alors qu’une idylle entre le geek et la geekette semble sur le point d’éclore, les méchants débarquent de nouveau, capture la donzelle et repousse la scène du bisous ! Mais Lambda s’enfuit et retrouve ses copains de jeu qu’il n’a jamais vu auparavant. Parce que oui, c’est un jeu en ligne planétire maIs tous les protagonistes habitent entre la rue des Acacia et le Boulevard Cyril Hanouna. L’équipe Benetton (aka équipe Disney (aka équipe il-faut-toucher-tous-les-marchés)) est reconstituée dans la vrai vie ! Et à bords d’une camionnette de la Poste, la voila partie faire la guerre à Goliath pour Sauver leur jeu tout pourri. Sérieux, c’est juste un pay-to-win de la pire espèce.

Comme on s’approche de la fin du film, c’est le moment de la grande baTaille avec tout plein de références dedans et de la 3D tout partout. Tu te souviens de ma comparaison entre Pacific Rim 2 et un magazine pour jouets ? Je dois présenter des excuses tant ici, le film est un placement de produit à lui tout seul. Apothéose et paroxysme, les plAns sont courts, rapides, dynamiques et surchargés de détails. Il faudrait revoir le film au ralenti pour les cerner tous mais je ne le ferai jamais. JAMAIS TU M’ENTENDS ! … Donc ça fait Piou-piou pif paf badaboum, les méchants perdent, les gentils gagnent mais dans la vraie vie, Troméchant a pris lui même les armes pour tuer ces jeunots qui ne respectent pas son autorité. Après une course poursuite qui n’est là que pour ralloNger artificiellement le film et essayer de créer un pseudo suspense au rabais, la police municipale arrive et arrête l’antagoniste…

QUOI ?! Il y a une police dans ce monde ?! Et elle arrête trop facilement le type qui a militarisé sa boîte ? Donc, Troméchant ne domine pas le monde en fait ? Mais que faisait la maréchaussée jusqu’à présent ?! Et pourquoi elle a toujours les mêmes véhicules que dans les années 90 ?! Ha oui, pour plaCer une référence lourdingue de plus.

Et comme il faut une morale, après une révélation totalement inutile, les héros devenus milliardaires décident de couper l’accès au jeu deux jours par semaine parce que :

« La réalité, c’est plus réel. »

Fin.

 

J’ai une montagne de problèmes avec ce film et je vais essayer d’En expliquer quelques un.

En vrac

Tout le monde est tout le temps pressé, ou la fameuse technique du scénario sans répits. Ça permet d ‘enchainer les scènes d’actions, de ne pas présenter l’univers, de ne pas développer les personnages tout en noyant le spectateur dans un déluge de stiMulis à base de 3D et de gros sons.

Les geeks sont forcément moches / timides / pas adaptés / pas soignés / enfermés dans leur culture / ne savent pas s’habiller / préoccupé par des problèmes sans queue ni tête / …

S’il y a un asiatique, il doit forcément faire du karaté.

Mitraillage de références (inspiré directement du célèbre  »tapis de bombes » militaire)

Le film passe son temps à faire des références à l’univers geek au sens large (jeux vidéos surtout mais égalemEnt films, séries et musiques) que se soit à l’écran, dans les dialogues ou dans la bande-son. Elles sont omniprésentes et sont très souvent soulignées ou explicitées par des lignes dialogues d’un naturel Confondant de réalisme.

Exemple :

Vieille image de canard WC sur son robot bipède
Hasta la vista, Bactérie !

– Oh ! Mais c’est Canard WC ! L’ennemi des bactéries !

– Mais oui tu as raison ! Produit par la société S. C. Johnson, le brevet a été posé en 1981 !

– Exact ! L’origine du nom vient du fait que le haut du flacon avait une forme de bec afin de déposer le produit nettoyant sous le bOrd des toilettes !

-(à l’unisson, les héros faisant un check pour être trop cools) Trop biiiiieeeeeen ! Encore une victoire de canard !

Je pense très sincèrement que le but de ce mitraillage est de forcer la nostalgie. Il y a fatalement un moment où tu vas te dire :  »Ho ! C’était trop cool ce truc ! » Moi ça a été les Battle Toads par exemple. Et pendant que tu dévores ta Madelaine de Proust, tu oublies que la moitié de tes neurones se sont déjà suicidés : une sorte d’anesthésiant d’un genre nouveau.

Questions : qu’apporte toutes ces références au film ? Le film reste-t-il toujours {[(‘intéressant’)]} si oN les enlève ? Si elles ne servent à rien, alors autant couper le son, mettre de la musique que tu aimeS, et considérer que ce film est un clip fait par des fans en mal de cross-over. Autrement dit, c’est un AMV (anime music video) de deux heures et demi qui a coûté super cher.

C’est là qu’on cause jeu vidéo. Y a pas de mais !

As-tu déjà imaginé un film de guerre reproduisant le débarquement de Normandie ou l’avancée de l’armée rouge mais avec des arcs et des flèches ?

Le film se passe dans un jeu vidéo avec un ton relativement sérieux (à l’inverse de Pixel par exemple). Mon problème est que les codes du jeux vidéos ne sont pas maîtrisés. Le scenario a moins d’envergure qu’un jeu de plate-forme des années 90. L’univers esT présenté comme un MMORPG faisant pleinement parti de l’économie du monde réel . Ce qui est déjà le cas pour les nôtres soit dit en passant. Les nôtres qui contiennent déjà leurs guildes plus ou moins louches, des farmers (récolteurs) qui revendent contre de l’argent réel personnages ou objets, des tricheurs qui utiliseront des logiciel tiers, d’autres qui utiliseront des failles du système, ceux qui utiliseront leur argent réel pour évoluer plus vite, ceux qui se consacrent au joueur contre joueur, ceux qui font du role-play, etc, etc… Et je ne parle pas de speed run, de theory craft et autre joyeusetés très spécifique. Est-ce que tu vois ou je veux en venir ? Jouer à un jeux video c’est trop cool. Non pas parce que ça t’apprEnd à survivre à une apocalypse zombie, mais parce que tu es plongé dans un nouvel univers que tu dois apprendre à connaître. Avec notre niveau actuel et vue l’immersion que propose nos jeux, cela revient à appréhendeR de nouveaux mondes à chaque fois. Qui sait faire quoi ? Sur quel type de terrain je me déplace plus facilement ? quels combinaisons d’actions sont les plus efficaces ? Est-ce qu’une chute est mortelle ? Où puis-je attaquer ? Il y a donc une phase de tests des limites de la physique du monde pour le dire avec des mots compliqués. Tout joueur y est confronté et pousse le truc plus ou moins loin C’est pour ça que je dis que les secrets du film ne sont pas du tout crédibles au vue de l’univers proposé.

Alors tu vas peut-être trouvé que je chipote Cher Journal, mais pense-y : ce n’est pas moi qui fait un film vendu comme un comte à ouat mil dollars ! Surtout que les règles dont je parle pourraient être le support d’une solide histoire en plus d’expliquer ce qu’est et ce que n’est pas un jeu vidéo. Il y  énormément de thématiques a abordé : le plaisir,  l’identité, la fuite du réel, la reconstruction de normes sociales en jeu, l’exploration des possibles, la découverte de sa propre moralité (certains jeu nous placent dans des choix moraux parfois difficiles à prendre, même si oN sait que ce n’est qu’un jeu), comment concilier sa vie de tous les jours avec celle en jeu, comment considérer des personnes que je croise tous les jours en lignes et que je n’ai jamais vu de ma vie ? Et pour la route : quel financement pour quel jeu et quelles conséquences sur le déroulement d’une partie (équité ou marché) ? Les états doivent-ils financer des jeux (armée, santé)  ? Quelle place pour la publicité ? Avec tout ça, il n’y avait pas moyen de faire quelque choses de plus constructif ? Bon, ce n’était clairement pas le but : il fallait juste flatter l’ego nostalgique du quidam heureux de pouvoir reconnaitre tel ou tel icône du passé.

En plus, il y a clairement un décalage générationnel sur  le sujet et fournir quelques pistes de réflexions à ceux qui sont le plus éloignés de cet univers pourrait être salutaire. Je nE sais pas moi, on arrêterai peut-être enfin de dire que les jeux vidéos rendent violent. C’est vrai quoi ! Napoléon jouait toute la journée à  »l’Appel du devoir : Cadre de guerre Moderne », Attila quant à lui raffolait de la série des Guerres Totales et l’inquisition espagnol a expérimenté ses pratiques de questions en jouant au Sims  !

El famoso : le copié-collé de la NO$TALGIE

Et dire que je n’avais pas le droit de recycler mes devoirs au collège.

 »Mais monsieur, vu que mon exposé sur l’Égypte antique vous a plu, et qu’en plus vous adorez ça, je m’en suis resservi dans celui sur les croisades. C’est un clin d’œil et un hommage, une pierre importante dans un mon édification personnelle, mais aussi à celle du genre humain tout entier ! Et en plus, sans pyramides, pas de croisades. Donc ça sert un peu le propos quand même. »

RAAAAAAAAAAAAh je déteste ça ! Si je veux revoir Shining, je revois Shining. Si je veux revoir l’épisode 4 de Star Wars, je remate l’épisode 4 ! Bande de feignasses dégénérées, consanguines et routinières ! On vous remontre des images que vous avez vues milles fois avec des héros aux charismes d’huîtres asthmatiques et vous vous dîtes :

– Holala ! Ça m’a fait trop plaisir de revoir ce que j’avais déjà vu mais avec de la 3D dedans, ça a fait vibré mon âme d’enfant, j’étais pas prêt !

– VA JOUER SUR L’AUTOROUTE !

… … …

… … … … …

Ahem ! Je me suis emporté Cher Journal. Désolé. Pour détendre l’atmosphère, je te propose un petit jeu lui-même empli de nostalgie. Sauras-tu retrouver les easters eggs que j’ai dissimulé dans ce texte. N’oublie pas de répondre en commentaire et pour que ta réponse soit valide, inscrit ton numéro de carte bleue, sans oublier le cryptogramme bien sûr.

Gros Bisous.

Fruits de south park ayant le bon goût de la nostalgie

4 réflexions sur “Ready Player One

  1. Bonjour, le film est surtout un autoportrait de Spielberg qui a toujours eu du mal à vivre dans le réel et s’est enfui dans le virtuel, son moyen de communication avec les autres. Il semble se demander s’il a bien fait à travers son double Halliday. Le reste me parait anecdotique, même si le film a aussi plein de défauts.

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    1. Hola !

      Je ne suis passé à côté de cet aspect auto-biographique, mais il est vrai que je ne connais pas la vie du réalisateur. Du coup, est-ce qu’on peut dire que connaître la vie de Spielberg peut aider à apprécier le flm ?
      Nous divergeons en ce qui concerne l' »anecdotique » : les éléments que je relève m’ayant littéralement éjectés du films. Pire, j’ai souffert et l’apparition du générique de fin a été un véritable soulagement.

      Je vais créer un lien vers ton article dans un commentaire plus bas. C’est intéressant d’avoir plusieurs points de vue.

      Gros bisous.

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      1. Oui, il est certain que connaitre la vie de Spielberg permet de mieux apprécier le film, c’est une de ses limites. C’était un enfant dyslexique, chahuté à l’école, qui s’enfermait souvent dans sa chambre pour jouer seul aux jeux vidéos. La chambre d’Halliday à la fin représente celle de Spielberg enfant. Le cinéma a été son OASIS à lui. Merci d’avance pour le lien !

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  2. Cher Journal,

    Voici un lien menant vers le billet de Strum. Celui-ci a aimé le film et en tire des interprétations étonnantes..

    https://newstrum.wordpress.com/2018/03/24/ready-player-one-de-steven-spielberg-sechapper-revenir/

    Un film et au moins deux ressentis différents (et grave opposé). C’est étonnant comme une même succession d’images, de sons et de dialogues conduisent à des interprétations différentes.

    Gros bisous.

    J'aime

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