Gagner la guerre

Cher Journal,

Qu’est-ce que je suis content de te retrouver ! J’ai l’impression que je n’ai pas pris la plume (ni le clavier) depuis une petite éternité et mon poignet commençait à me démanger. C’est que l’écriture est une étrange activité. D’une source presque tarit, l’envie se transforme vite en besoin et l’encre  jaillit de plus en plus au fur et à mesure que la pratique s’installe. Franchement Cher Journal, tu devrais toi-même tenir un journal intime. Je me demande bien ce que ça donnerait d’ailleurs.

« Cher Journal intime de journal intime,

Oh Purée ! Rude journée ! L’autre zèbre m’a encore gribouillé des pages en pagaille ! Je suis plus couturé de ratures que son homonyme des savanes. Et il écrit tout de biais : c’est penché, resserré… Je me demande comment il fait pour ne pas s’esquinter les mirettes quand il se relit. J’aimerais que mes lignes soient parcourues par la fine écriture délicate d’une demoiselle qui s’applique, tu sais bien, celle qui font des ronds sur les i et qui changent de couleurs à chaque page. Je pourrais même avoir un petit cadenas tout mignon, un tout petit, histoire de me sentir un minimum en sécurité. Mama mia ! J’en aurai une autre de facce !

Allez ha ! Je vais pas passer mon temps à chouiner. Gros bisous té ! »

 

 

Je suis enfin confortablement installé même si la décoration emprunte au minimalisme le plus frugal. Mes trajets se sont un tantinet raccourcis et la rencontre avec quatre auteurs l’autre soir m’a donné un sacré coup de fouet. Depuis, les idées se bousculent dans ma tête ! Et comme je ne vais pas les mettre en applications tout de go, et comme je ne vais pas laisser comme ça non plus, voici un petit conseil lecture pour passer le temps à l’abri de la chaleur.

 

 

couverture du livre gagner la guerre

Titre : Gagner la guerre

Auteur : Jean Philippe Jaworsky

Genre : fantastique  (au sens littéral et figuré)

L’argument :

L’intrigue se déroule dans un univers fantasmagorique qui pourrait être notre Renaissance, les armes à feu en moins, la magie en plus. Celle-ci est d’ailleurs plutôt discrète ce qui n’est pas pour me déplaire. Mieux, j’y vois une métaphore des limites à transgresser pour assouvir ses ambitions. Et à ce sujet, c’est pas joli joli.

Dans la cité-état de Ciudalia, République de son état, la noblesse est unie contre Résine, un puissant voisin oriental. Celui-ci se retrouve défait ce qui excite la voracité des potentats ciudaliens alléchés par le gâteaux à se partager (ou pas). Le héros et narrateur de cette histoire n’est autre que l’homme de main d’une des familles nobles. Benvenuto Gusefal, plus proche de Saint-Enza que d’Obiwan Kenoby,  nous invite à le suivre sous sa plume délicate et pleine de panache dans une épopée qui se déroule à l’ombre des lumineux corridors du pouvoir, en terre sauvage ou dans des bouges infâmes.

Le récit est charnel, palpable tant les sensations sont bien décrites : vue, ouie, odeur, toucher, etc. Notre narrateur est un sacré observateur et il n’hésite pas à nous exciter l’imagination, pour le meilleur, et pour le pire.

C’est un gros pavé que ce bouquin : un peu moins de mille pages ! Moi j’aime bien les gros pavés. Ça impressionne toujours le quidam et ça peut faire office d’arme contondante le cas échéant. De plus, le badaud esbaudi n’ira jamais l’ouvrir du coup, vous pouvez raconter ce que vous voulez mais je m’égare. Ce pavé donc, je l’ai lu en un temps record. Ça fait longtemps que je ne m’étais plongé dans un bouquin me faisant oublier tout le reste, me faisant le ressortir entre midi et deux pour grappiller quelques pages, me faisant ralentir vers la fin par crainte d’un sentiment de vide et d’abandon. J’ai tellement été happé par le récit qu’à un moment, outré par le comportement du ‘héros’, je l’ai gardé fermé pendant plusieurs jours ! Drôle de sensation que de se laisser guider par un sicaire sans scrupules qui se paye le luxe de jouer avec son lecteur.

En terme de vocabulaire, celui-ci est est d’une richesse inouïs mais l’incompréhension de certains termes (notamment lors des descriptions) ne nuit pas à la compréhension. Bref ! Cher Journal, si tu as un bouquin à lire cet été, je te recommande vivement celui-là en espérant que tu te régaleras des aventures exactions de Benvenuo Gusefal avec une délectation coupable.

Bel été,

Gros Bisous !

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