Tom de Tom Et Jerry traumatisé avec une photo de la guerre du Vietnam en fond.

The Tales of 2020

Cher Journal,

Il s’en est fallu de peu pour que je ne puisse pas te souhaiter la bonne année. C’est qu’avec tout ce qui s’est passé l’an dernier, et avec mon nouveau mode de vie, je peine à trouver du temps à te consacrer. Mais bref, commençons.

2020 a été si rocambolesque que j’en ai éprouvé le besoin de te raconter le début dans cet article au titre évocateur. Tu peux aussi te contenter du résumé que je te propose ici :

Alors que 2019 s’achève avec une rechute de hernie discale suite à un travail au noir en cuisine, je reprends péniblement la route de mon domicile dans les riantes té-cis du sud de la France. C’est alors que la santé de mon grand-père se dégrade fatalement et qu’un matricide à lieu deux étages sous mon domicile (supplément cannibalisme). Deux semaines plus tard, le confinement est proclamé…

À ce moment-là, je rigolais franchement de la pandémie. Incrédule, j’étais plus inquiet pour la santé de mon contrat en intérim d’agent polyvalent d’accueil dans le 7e art. Son pronostic vital était engagé, comme celui de mes finances. Qu’à cela ne tienne, fêtons comme il se doit la fermeture des bars avec les copains ! Un lieu minuscule et bondé où alcool et décibels rivalisent de force ! Une compagnie de bon goût puisque l’agape se termine en chantant à tue-tête « On va tous crever » de Didier Super ! En y repensant, c’était ma dernière soirée follement animée mais, ne sombrons pas dans la mélancolie normée qui fait le terreau des humoristes en mal de sujet.

Enfermé dans mon appartement, ma sœur, infirmière, m’explique par téléphone que c’est le chaos total à l’hôpital. Voilà qui me rassure bigrement puisque c’est une constante dans ce milieu. Sauf que là, elle a des cernes ; je veux dire encore plus que d’habitude. Sauf que là, elle me fait les gros yeux pour me dire qu’il y a plusieurs niveaux dans le chaos, un peu comme dans l’enfer de Dante. Sauf que là, elle m’explique qu’elle est volontaire pour aller renforcer les équipes aux urgences. Je suis extrêmement fier de ma sœur mais mon inquiétude grandit considérablement. Pour m’apaiser, je dévorais la presse, attitude totalement contrindiquée lorsqu’on veut se calmer. J’avais besoin de savoir ! Savoir pour anticiper ! Anticiper quoi quand on est au chômage dans une tour de banlieue ? Je n’ai toujours pas la réponse à cette question.

Après un mois sans dormir, puisque ramadan et confinement ont été concomitant ; après une énième dispute avec mon voisin qui doit détester portes, interrupteurs, sols et murs voire lui-même ; je décide de rendre mon appartement pour retourner dans la domus familiale. Situation qui a un gout de déjà vu mais au moins cette fois, je ne suis pas convalescent. Aussi, je me charge de l’intendance pour soutenir mes parents qui eux soutiennent ma grand-mère et mon grand-père. La santé de ce-dernier ne tient plus qu’à un fil. Le triste spectacle qu’il offre fait espérer que la mort l’emporte au plus vite pour ne plus le voir souffrir ou implorer la faucheuse lors de ses rares moments de lucidité. Empathie, impuissance et culpabilité se mêlent allégrement… Et les bars sont fermés bordel de merde !

Mais tel Frodon et Sam perdus dans le Mordor reprenant espoir en observant les étoiles par une trouée dans les nuées, une petite lueur d’abord timide grossissait inexorablement jusqu’à tout emporter.

Serait-ce le retour de l’hirondelle des faubourgs ?
Dis, par où, c’est la sortie de secours ?
Sur la plage, un nouvel arrivage ?

C’est l’amour
C’est l’amour
C’est l’amour, mour, mour, mour

Paul Éluard.

… Non mais à vrai dire, je ne m’y attendais pas non plus. Surtout que j’étais en train de passer un master en cynisme spécialité blase intersidérale. En deux coups de cuillère à pot, me voila en pleine réorientation section mièvrerie spécialité « câlin ». Aujourd’hui, j’en suis convaincu. On néglige trop l’importance des câlins.

Fausse citation du philosophe Nietzsche : "Faîtes des câlins"

Faites des câlins ! … Enfin, dans les limites acceptables des règles de distanciation sociale. Diantre ! Voilà qu’un remède tout simple contre le stress, l’aigreur et la morosité m’est révélé et que sa propagation via ce blog est bloquée nette par un virus. Je ne sauverai pas le monde aujourd’hui. Tant pis.

L’été retrouve toutes ses couleurs et me voila emporté par un torrent de passion nourri autant par l’émotion que par la raison. J’ai l’impression d’avoir une seconde chance et la beauté de ce que je ressens n’est pas obscurci par une passion dévorante mais tempéré par toute la sagesse qui caractérise … Heu… Mon âge. C’est lors d’un calage au-dessus d’une petite rivière que l’évidence m’est apparu. Je suis amoureux d’amour (mour, mour, mour). Je ressens quelque chose que je n’avais jamais ressenti avant : quelque chose de puissant, d’évident, de rassurant.

En vrai, la je ne sais plus quoi écrire parce que je rougis tout seul derrière mon écran. Je crains aussi d’être trop cucul la praline mais j’ai envie de partager toute la joie que j’ai en moi. C’est bien d’être heureux. D’autant plus que ma vie a été totalement transformée en très peu de temps. En recherche d’appartement, nous fondons sur l’Aveyron. Ça ressemble à la Comté en vrai. Il y fait bon vivre. Il y a des vaches aux oreilles soyeuses, la forêt Croustimoelleuse et des cavistes frappadingues. On fait aussi des bonhommes de neiges géants en forme de chat. Des bons chats de neiges donc. Quand je vous disais que je m’investissais dans la mièvrerie !

Changer de régions m’a aussi considérablement apaisé. Mais je vais m’arrêter d’en parler en bien pour ne pas que trop de gens n’ait envie de venir. C’est un facteur de bien-être pour moi. Heureusement que l’audience de ce blog est limitée.

J’ai aussi trouvé du boulot.

Une année en montagne russe pour moi donc, avec de vrais drames et une fin heureuse. C’est peut-être pour ça que je me sens un peu fatigué. Merci Cher Journal, tu m’as permis de m’en rendre compte. J’espère que pour toi ça s’est bien passé et je te souhaite une très bonne année 2021. Courage si la lassitude t’étreint. C’est le cas de beaucoup monde. Fais des câlins si tu peux.

Gros bisous.

Une réflexion sur “The Tales of 2020

  1. Que cette année on puise te raconter des heureux événement cher journal !dans la joie la paix l’amour et des belles anecdotes …heureux les jours qui arrivent pour toi cher journal et ta plume ..calinez vous…:)

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